L’article en bref
Le Quincy, avenue Ledru Rollin dans le 12e, incarne une auberge parisienne intemporelle. Cette table refuse de changer, non par nostalgie, mais par conviction culinaire. Sous la direction de Laurent Josefiak, elle perpétue une tradition française authentique. Pas de carte bancaire, pas de compromis sur la qualité. Un lieu où chaque plat raconte une histoire, où le service maîtrise son art sans spectacle.
- Cuisine de tradition : poularde au vin jaune, blanquette de veau, cassoulet — exécution impeccable
- Accès pratique : métro Gare de Lyon ou Austerlitz, fermé lundi-dimanche
- Rapport qualité-prix : menus entre 55 et 75 euros, sélection de vins de caractère
- Âme du lieu : influence de Bobosse partout, décors signés Wolinski, ambiance familiale
Avenue Ledru Rollin, dans le 12e arrondissement de Paris, il existe un endroit qui résiste. Pas par nostalgie de façade, ni par effet de mode rétro. Le Quincy résiste parce qu’il n’a jamais eu besoin de changer. J’y suis allé pour la première fois il y a quelques années, un peu par hasard, et j’en suis ressorti avec la conviction que certains restaurants sont des monuments vivants. Ce soir-là, j’ai compris pourquoi les habitués y reviennent depuis des décennies.
Le Quincy Paris : une auberge hors du temps dans le 12e
Un lieu, une âme, une adresse
Le restaurant Le Quincy Paris se trouve avenue Ledru Rollin, dans le 12e arrondissement. Pratique : tu peux y accéder facilement depuis les métros Gare de Lyon ou Gare d’Austerlitz. Deux stations bien desservies, ce qui facilite vraiment la soirée. L’établissement n’accepte pas les cartes bancaires — pas de terminal, pas d’exception. Pense à prévoir du liquide avant de venir. C’est un détail qui en dit long sur l’esprit des lieux.
Dès l’entrée, les dessins de Wolinski ornent les murs. Ce n’est pas une déco achetée en lot. Ces œuvres font partie de l’histoire de la maison, au même titre que les recettes. L’ambiance est chaleureuse, dense, presque familiale. Rien n’est calculé pour impressionner. Tout est là pour que tu te sentes bien.
Michel Bossard, dit Bobosse, a longtemps incarné l’âme du Quincy. À 94 ans, il ne descend plus de l’appartement situé juste au-dessus de la salle. Mais son influence, elle, est partout. Dans chaque assiette, dans chaque geste du service. On sent que la maison a été construite autour de ses convictions — pas question de partager une entrée, encore moins de sauter le dessert.
Laurent Josefiak aux commandes
Aujourd’hui, c’est Laurent Josefiak qui dirige la cuisine. Il a fait ses armes chez Benoît, rue Saint-Martin, sous la direction de Michel Petit. Une école sérieuse. Ça se ressent dans la précision des préparations et dans le respect des cuissons.
Le service, lui, perpétue une tradition sans chercher à en faire un spectacle. Le serveur dresse les assiettes avec une nonchalance qui n’est pas de l’indifférence — c’est de la maîtrise. Si tu as l’habitude des restaurants où l’on te récite la carte comme un script, prépare-toi à quelque chose de différent.
Informations pratiques
| Information | Détail |
|---|---|
| Adresse | Avenue Ledru Rollin, Paris 12e |
| Métro | Gare de Lyon / Gare d’Austerlitz |
| Fermeture hebdomadaire | Lundi, samedi, dimanche |
| Fermeture annuelle | Août et jours fériés |
| Horaires | Jusqu’à 22h |
| Prix moyen | 55 à 75 euros |
| Site web | lequincy.fr |
Pour réserver, le plus simple reste d’appeler directement ou de passer par le site lequincy.fr. La salle n’est pas immense, et les tables partent vite. Ne laisse pas traîner.
Les spécialités qui font la réputation de cette auberge parisienne
Des plats qui ont une histoire
La cuisine du Quincy, c’est la tradition française dans ce qu’elle a de plus sincère. Pas de déconstruction, pas de mousse d’air infusée à la brindille. Des plats vrais, qui demandent du temps et du savoir-faire. Lors d’un repas daté du 06 juin 2019, le menu comprenait une terrine maison avec choux à l’ail, du lapin aux échalotes et vin blanc accompagné de pâtes fraîches, puis une crème de riz au lait aux raisins. Le tout pour 68 euros avec une demi-bouteille de saint-joseph 2017 du Secteur Rochevine. Un rapport qualité-prix difficile à trouver ailleurs à Paris.
La poularde au vin jaune et morilles mérite une mention à part. Elle obtient 20/20 en cuisson et 20/20 en sauce — deux notations que je n’accorde pas à la légère. C’est le genre de plat qui te fait fermer les yeux deux secondes après la première bouchée. La tête de veau ravigote arrive dans un poêlon de cuivre. La blanquette de veau à l’ancienne est préparée selon les règles. Rien n’est bâclé.
Parmi les autres spécialités, voici ce qui revient régulièrement :
- La caillette ardéchoise, au parfum authentiquement campagnard
- Le fromage de tête au caviar du Morvan, avec morceaux de cochon en gelée et lentilles en vinaigrette
- Les pieds et paquets, tripes tomatées à l’ancienne
- Le chou farci monumental, feuilleté de viande hachée
- Le cassoulet, dense et profond
Si tu aimes les spécialités de brasserie traditionnelle, tu vas retrouver ici un esprit similaire, mais poussé encore plus loin dans l’exigence.
Les desserts et la carte des vins
Les desserts peuvent surprendre par leur sucrosité franche. La mousse au chocolat est directe, sans fioriture. La glace au Immense Marnier fonctionne simplement : une glace vanille moelleuse sur laquelle on verse la liqueur au moment du service. Efficace et gourmand.
La carte des vins s’accorde parfaitement avec l’esprit de la maison. Le mousseux soirs de fête vient de Tournan-en-Brie. Le chinon est produit par le Château du Sonnay. La vieille prune de la Distillerie du Périgord clôt le repas comme une signature. Ce n’est pas une carte de sommelier étoilé — c’est une sélection de caractère.
Le Quincy face aux autres tables parisiennes
Quand je compare cette auberge avec d’autres adresses que je couvre régulièrement — comme le restaurant du Radisson Blu Bordeaux pour ses avis et sa carte — ce qui frappe, c’est la cohérence absolue du projet. Pas d’ambiguïté sur ce qu’on vient chercher ici. La carte tourne entre 55 et 75 euros, ce qui reste raisonnable pour ce niveau de cuisine. Si tu veux comprendre combien de restaurants de tradition subsistent encore en France, tu réaliseras que Le Quincy fait partie d’une espèce rare.
Pourquoi cette table mérite une place à part dans ta liste d’adresses
Ce qui me touche profondément dans cette maison, c’est qu’elle ne cherche pas à plaire à tout le monde. Elle a ses règles — pas de carte bancaire, pas de dessert escamoté, pas d’entrée partagée. Et ces règles dessinent un contrat clair avec le client. Tu viens pour manger, vraiment manger. Tu viens pour prendre le temps. C’est rare, et c’est précieux.
Le Quincy Paris représente quelque chose que j’essaie de défendre dans chacun de mes articles : la conviction que la cuisine de tradition, exécutée avec soin, vaut autant — sinon plus — que n’importe quelle table à l’avant-garde. La prochaine fois que tu passes dans le 12e, ne cherche pas à réserver trois semaines à l’avance dans un restaurant dont tu oublieras le nom six mois plus tard. Appelle le Quincy. Mange la poularde. Finis avec la vieille prune. Tu comprendras.
Sources : wiki de restaurant — wiki de Nice